Logistique vin et spiritueux : quelles exigences ?

Avec des clients toujours plus exigeants en matière de qualité des services, les questions sur les enjeux de la logistique pour une entreprise ne sont plus courantes, tant les réponses sont évidentes. En réalité, les sociétés de vente de produits et de services ne peuvent plus se passer d’une bonne logistique, du fait de son impact remarquable sur leurs performances.

La filière du vin et des spiritueux est l’un des secteurs où l’efficacité de la fonction logistique se vérifie le plus. Cependant, c’est aussi l’un des marchés sur lesquels il faut être le plus rigoureux en matière de logistique. Du stockage à la livraison en passant par le transport, découvrez les exigences de la logistique dans l’industrie du vin et des spiritueux.

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Les exigences relatives au stockage du vin et des spiritueux

De l’avis des professionnels de la viticulture, de l’œnologie ou même des experts en dégustation, le stockage du vin et des spiritueux est une véritable science. Il est donc impossible de bien conserver le vin sans respecter les bonnes pratiques en matière d’entreposage du vin.

Le lieu de stockage

L’un des facteurs qui impactent le plus la qualité du vin et des spiritueux est le lieu où ces boissons sont conservées. Pour leur assurer une bonne conservation, il est notamment recommandé qu’elles soient stockées dans une cave centrale. Celle-ci doit se situer au sous-sol afin de bénéficier d’une température et d’une hygrométrie constantes. Par ailleurs, la cave centrale doit être suffisamment ventilée par l’air extérieur.

La température d’entreposage

Pour gagner en goût et en saveurs, le vin et les spiritueux doivent être conservés à une température constante inférieure à 20 °C. Il est notamment conseillé de les entreposer à une température située entre 12 et 16 °C. Opter pour une cave climatisée permet de respecter cette exigence de température.

La durée du stockage

Le vin étant connu pour se bonifier avec le temps, sa durée de stockage peut aller de quelques semaines à plusieurs années. Le tout dépend du type de vin et du goût que l’on espère avoir à la dégustation.

Le taux d’humidité

Le taux d’humidité à respecter lors de l’entreposage du vin est idéalement de 70 à 75 %. Cette condition permet de protéger l’élasticité et l’étanchéité du bouchon. Néanmoins, la durée de stockage peut conditionner le taux de température à choisir.

Ainsi, dans le cas des vins destinés à être stockés longtemps, on respecte rigoureusement les 70 à 75 % d’humidité. Pour les entreposages de courte durée, on peut privilégier un taux d’humidité bas, pour éviter que des moisissures ne se développent sur le bouchon ou sur l’étiquette. Dans tous les cas, entreposer le vin dans une cave avec un sol en terre battue permet de garder le bon taux d’humidité.

L’exposition à la lumière

Qu’elle soit naturelle ou artificielle, la lumière est nocive pour le vin, entraînant son oxydation et donc une modification de la couleur et du goût de la boisson. Cette dernière ne doit donc en aucun cas y être exposée durant la période de conservation. C’est d’ailleurs pour cette raison que la plupart des bouteilles de vin sont en verre foncé.

La position de conservation

La position de stockage peut varier d’un type de vin à un autre. On conservera ainsi du mousseux en position debout, pendant que la plupart des autres types de vin sont conservés couchés. Quoi qu’il en soit, la règle d’or est de stocker les bouteilles de vin en position couchée, pour maintenir le contact entre le vin et le bouchon.

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Les exigences en matière de transport du vin

Le vin et les spiritueux étant des boissons nobles, fragiles et délicates, leur transport doit se faire tout en délicatesse, si l’on ne veut pas compromettre leur qualité. Les précautions à prendre lors du transport du vin sont notamment :

La vérification de la température

Avant d’acheminer le vin jusqu’à son destinataire, il est primordial de s’assurer que la température de transport respecte les 12 à 16 °C exigés. À cet effet, on doit idéalement veiller à installer la boisson dans les mêmes conditions thermiques que pendant la conservation. Pour ce faire, on peut par exemple opter pour un transport sous température dirigée dans un conteneur climatisé. De plus, il faut éviter de transporter le vin pendant une période de canicule, et de stationner sous le soleil.

Le choix des emballages

Pour ménager le vin durant le transport, il est impératif de prévoir des emballages spécifiques, comme les cartons à entreposage horizontal entrecroisé ou les caisses en bois. On peut également opter pour :

  • des caisses en carton avec coussin gonflable ;
  • des cartons avec intercalaire de protection ;
  • des cales à bouteilles en verre en polystyrène moulé ;
  • des emballages en cellulose moulée ;
  • etc.

Le choix des emballages doit tout de même être déterminé en fonction des conditions du trajet et du volume de la commande.

Le bon positionnement des bouteilles

Le vin supporte mal les secousses et les vibrations, car elles réveillent les bactéries naturellement contenues dans le breuvage. En plus de l’emballage, il est donc important de trouver le juste positionnement des bouteilles pour éviter tout mouvement. À cet effet, il est recommandé de transporter les bouteilles à la verticale, avec les bouchons orientés vers le haut.

Le choix du mode de chargement

Le mode de chargement peut impacter l’isolation thermique qui, à son tour, peut agir sur la qualité du vin. En effet, pendant le transport, le réchauffement du tuyau d’échappement d’un camion de transport, par exemple, peut se transmettre aux cartons contenant les bouteilles. Il se crée alors un choc thermique néfaste pour la qualité du breuvage.

Pour éviter ce désagrément, il est conseillé de disposer des plaques sur le fond du coffre de chargement, lorsqu’il s’agit de gros chargements. Mais, en cas de petits chargements, il faut disposer les cartons sur le côté opposé à celui du tuyau d’échappement.

Les démarches administratives

Que ce soit à l’échelle nationale, à l’échelle internationale ou au sein de l’Union européenne (UE), le transport et l’expédition du vin et des spiritueux sont soumis à certaines exigences en matière de formalités douanières.

Généralement, les démarches administratives varient selon le transporteur, les pays, et en fonction de la législation qui y est en vigueur. Dans l’UE, le transport des boissons alcoolisées est notamment soumis à des droits d’accise. Pour résumer les autres directives à observer, on retiendra que la logistique vin et spiritueux doit veiller :

  • à l’exportation de boissons alcoolisées contenant moins de 70 % de taux d’alcool ;
  • à un étiquetage comportant le descriptif des marchandises, leur quantité, la spécification de l’emballage, la marque, l’origine, la teneur en alcool, le code tarifaire harmonisé, les coordonnées de l’entreprise viticole, l’usage auquel est destiné la boisson ;
  • au paiement de frais de douane, de la Taxe sur la Valeur Ajoutée (TVA) ;
  • à la présentation de documents variés comme : un certificat délivré par le pays d’origine, et un rapport d’analyse si la boisson est destinée à la consommation humaine directe.

En définitive, la logistique vin et spiritueux exige de la délicatesse et un soin méticuleux à tous les niveaux de la chaîne d’approvisionnement. Pour une bonne gestion, les entreprises qui évoluent dans le secteur des boissons alcoolisées peuvent planifier leur logistique en interne. Toutefois, solliciter l’expertise d’une structure de logistique leur garantit plus de sérénité et de réussite.

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